Il nous faut des fous pour justifier notre santé mentale. Souvent le thème de la déviance psychique a été abordée en art, souvent aussi sous l'angle de l'étude de cas, de l'analyse d'une pathologie spécifique. Mentale Machine ne fait guère l'impasse sur cette rigueur dans l'approche clinique de la psychose, mais lui donne un alphabet de noblesse en lui ajoutant une poésie brutale qui suffit à mettre notre compassion en brèche avec un rire cathartique. Daniel Simonnet et Philippe Madral sont les auteurs de deux textes tragico-cliniques qui forment une fresque en deux parties, sur une mise en scène orchestrée par Thierry Atlan.
On observe, on se rassure, on s'égare, mais toujours l'on éprouve ce sentiment fulgurant du radicalement autre, de l'inquiétante étrangeté vers laquelle vous ou moi, aurions un jour pu basculer, ailleurs que sur cette scène de théâtre où un quintet de comédiens rivalise d'humanité, dans ce qu'elle a de plus obscure, avec maîtrise de jeu et mise en danger dans l'approche féline du délire.
Nicolas Mourer ( conception de l'affiche pour l'Eolienne)
Thierry Atlan, Daniel Simonnet, Nicolas Mourer
http://masterklaus.typepad.com/mon_weblog/2007/09/mentale-machine.html