J'ai lu le point de vue de Mme Drancourt sur Mentale machine : plutôt qu'"épuisement du sens", je ressens un déferlement du sens. un tsunami verbal qui enfle, déferle, et s'immisce lors d'une décrue faussement apaisée, dans tous les recoins du sens. Recoins auxquels je n'accède pas toujours 'ce qui ne me dérange pas) et auxquels je n'associe pas toujours une émotion même confuse.
Dans ces moments m'apparait alors non pas "une langue qui ne se tient pas et toujours se défait" mais au contraire une langue structurée, maitrisée, virtuose ( avec aussi la connonation péjorative de la technicité), absolument juste et en même temps désenchantée / en perte d'émotion.
Je préfère les temps moins brillants , moins sophistiqués, moins foisonnants où l'exhaustivité (dans les jeux ? avec le sens) cède à l'ellipse et à la poésie. Ces moments là me restent en tête.
Cela me renvoie moi aussi à mes lectures de Céline. " le voyage est fatigant" écrit Mme Drancourt... Comme elle, en dépit de plusieurs tentatives, je ne suis pas parvenu à lire Mentale Machine d'une traite (ce qui me paraissait une expérience intéressante).
Pareillement je n'ai pu voir le film en une seule vision, là c'est le côté Antoninartaudesque du comédien qui me vrille le neurone. J'ai le sentiment d'une redondance entre le texte emballé et polysémique à outrance et le jeu survolté "bienvenu dans la quatrième dimension schizopsychiatrique. J'aimerai bien entendre une tentative en contre-pied "à plat"-"liste de courses"- "fin de batterie"...
Philippe Establet. Ergothérapeute. Nancy.